26.05.2008
Ballade des Dames du temps jadis
Dites moi où,n'en quel pays,
Est Flora la belle Romaine,
Archipiades,ne Thais,
Qui fut sa cousine germaine,
Echo,parlant quant bruit on méne
Dessus riviére ou étang,
Qui beauté eut trop plus qu'humaine?
Mais où sont les neiges d'antan?
Où est la trés sage Hélois,
Pour qui fut chatré et puis moine
Pierre Esbaillart à Saint Denis?
Pour son amour eut cette essoine
Senblablement,où est la roine
Qui commandat que Buridan
Fut jeté en un sac en Seine?
Mais où sont les neiges d'antan?
La roine blanche comme un lis
Qui chantait à voix de siréne,
Berthe au grand pied,Bietrix,Aliz,
Haramburgis qui tint le Maine,
Et Jeanne,la bonne Lorraine
Qu'Anglais brulérent à Rouen:
Où sont-ils,où, Vierge souveraine?
Mais où sont les neiges d'antan?
Prince,n'enquerrez de semaine
Où elles sont,ni de cet an,
Que ce refrain ne vous remaine:
Mais où sont les neiges d'antan?
Francois Villon
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31.03.2008
Pourtant la vie
A voir un jeune chien courrir
Les oiseaux parapher le ciel
Le vent friser le lavoir bleu
Les enfants jouer dans le jour
A sentir fraichir la soirée
Entendre le chant d'une porte
Respirer les lilas dans l'ombre
Flaner dans les rues printaniéres
Rien moins que rien pourtant la vie
Louis Aragon (Le voyage de Hollande)
18:25 Publié dans Poemes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
20.02.2008
La petite kurde
N'écoute pas les fous qui nous ont dit
La liberté est au bout du fusil
Ceux qui ont cru ces bétises sont morts depuis longtemps
Les marchands d'armes ont tous de beaux enfants
Depuis la nuit des temps c'est pour l'argent
Que l'on envoie mourir des pauvres gens
Les croyants la patrie prétextes et fariboles
Combien de vies pour un puit de pétrole?
Petite si tu es kurde il faut partir
Les enfants morts ne peuvent plus grandir
Nous irons en Europe si tel est notre lot
Là-bas ils ne tuent les gents qu'au boulot.
Pierre Perret
09:45 Publié dans Poemes | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
24.01.2008
L'étranger
-Qui aimes-tu le mieux,homme énigmatique,dis?ton pére,ta mére,ta soeur ou ton frére?
-Je n'ai ni pére,ni mére,ni soeur,ni frére.
-Tes amis?
-Vous vous servez là d'une parole dont le sens m'est resté jusqu'à ce jour inconnu.
-Ta patrie?
-J'ignore sous quelle lattitude elle est située.
-La beauté?
-Je l'aimerais volontiers,déesse et immortelle.
-L'or?
-Je le hais, comme vous haissez Dieu.
-Eh!qu'aimes-tu donc,extraordinaire étranger?
-J'aime les nuages...les nuages qui passent...là bas...là bas...les merveilleux nuages.
Baudelaire
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19.01.2008
Le soleil
Quand,ainsi qu'un poéte,il descend dans les villes
Il ennoblit le sort des choses les plus vils
Et s'introduit en roi,sans bruit et sans valets
Dans tous les hopitaux et dans tous les palais.
Baudelaire.
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06.12.2007
A Charleville
Le dix-neuviéme siécle est un fort animal
Avec lui fut chanté tout ce qui fut possible
Rien ne demeure plus qui ne soit indicible
Je te comprends mon cher poéte et j'ai si mal
L'etre fondamental affleure dans tes vers
Moi je dure sans vivre et sans fin de désir
Tes menbres transparents du splendide délire
Et ton cerveau puissant dévoré par les vers
Mon souffle péle-méle aux cheveux du gazon
Te retrouve à travers la fraicheur de la terre
Nous nous aimons couchés en ce blanc cimetiére
Que la lune rodeuse éclaire de ton nom
Je te dirais que nos amours sont trés anciennes
Tu me diras que les amours n'ont pas de fin
Ta folie infinie emporterait enfin
Aux sept éternités ton esclave et ta reine
Albertine Sarrazin (Fresnes 1954)
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27.11.2007
Complainte amoureuse
Oui dés l'instant que je vous vis
Beauté féroce,vous me plutes
De l'amour qu'en vos yeux je pris
Sur- le-champ vous vous aperçutes
Ah!Fallait-il que vous me plussiez
Qu'ingénuement je vous le dise
Qu'avec orgueil vous vous tussiez
Fallait-il que je vous aimasse
Que vous me désespérassiez
Et qu'enfin je m'opiniatrasse
Et que je vous idolatrasse
Pour que vous m'assassinassiez
Alphonse ALLAIS (1854-1905)
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20.11.2007
Préface
L'enbrigadement est un signe des temps.De notre temps.
Les hommes qui pensent en rond ont les idées courbes.
Les sociétés littéraires c'est encore la Société.
La pensée mise en commun est une pensée commune.
Mozart est mort seul,accompagné à la fosse commune par un chien et des fantomes.
Renoir avait les doigts crochus de rhumatismes.
Ravel avait une tumeur qui lui suça d'un coup toute sa musique.
Beethoven était sourd.
Il fallut quéter pour enterrer Bela Bartok.
Rutebeuf avait faim.Villon volait pour manger.
Tout le monde s'en fout.
L'art n'est pas un bureau d'anthropométrie.
La lumiére ne se fait que sur les tombes.
Extrait de Préface de Léo Férré.
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30.10.2007
Préface
La poésie est une clameur.Elle doit étre entendue comme la musique.
Toute poésie destinée à n'étre que lue et enfermée dans sa typographie n'est pas finie.
Elle ne prend son sex qu'avec la corde vocale tout comme le violon prend le sien avec l'archet qui le touche.
Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir s'ils ont leur compte de pieds ne sont pas des poétes,ce sont des dactylographes.
Le poéte d'aujourd'hui doit appartenir à une caste à un parti ou au "Tout Paris".
Le poéte qui ne se soumet pas est un homme mutilé.
Extrait de Préface de Léo Ferré.
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31.08.2007
Les passantes
Je veux dédier ce poéme
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets,
A celles qu'on connait à peine,
Qu'un destin différent entraine
Et qu'on ne retrouve jamais.
A celle qu'on voit apparaitre
Une seconde ,à la fenétre
Et qui preste, s'évanouit,
Mais dont la svelte silhouette
Et si gracieuse et fluette
Qu'on en demeure épanoui.
A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage,
Font paraitre court le chemin;
Qu'on est seul peut -etre à comprendre,
Et qu'on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main.
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