06.05.2008

Venus

Là un dard venimeux
Là un socle trompeur
Plus loin
Une souche à demi trempée dans un liquide saumatre
Plein de décoctions
D'acide...
Qui vous rongerait les os et puis
L'inévitable
Clairiére amie
Vaste,accueillante
Les fruits à portée de main
Et les délices divers
Dissimulés dans les entrailles d'une canopée
Plus haut que les nues...
Elle est née des caprices
Pommes d'or ,péches de diamant
Des cerises qui rosissaient ou grossissaient
Lorsque deux doigts s'en emparaient
Et leurs feuilles enveloppantes
La pluie et la rosée
Toutes ces choses avec lesquelles il était bon d'aller
Guidé par une étoile
Peut-etre celle-là
Premiére à éclairer la nuit
Vénus

Gérard Mansset.
Extrait de l'album Bleu Pétrole (Alain Bashung)

13.02.2008

Le langage populaire et l'argot

Au Moyen Age la cour des Miracles réunissait les gueux et les mendiants professionnels en une confrérie appelée Argot -dont l'étymologie est incertaine-,leur jargon,langage spécial qui se voulait secret,a pris tout naturellement le nom d'argot.Il constituait le vocabulaire d'une classe vivant en marge de la société et qui lui permettait de protéger son autonomie.Les voleurs,mendiants,tricheurs et tous ceux qui devaient se dérober aux recherches policiéres ou tout simplement à l'attention des non initiés usaient de mots énigmatiques,sibyllins.Bien que nous n'en possédions aucun exemple précis l'existence de ce langage est attesté dés le XIIIiéme siécle.Si l'on connaissait déjà assez bien le lexique des magistrats et avocats qui formaient la Basoche-crée en 1302 avec tous les priviléges concédés par Philippe le Bel-ainsi que les autres jargons des différents corps de métiers,les gueux,les malfaiteurs continuaient de jargonner sùrs de ne pas étre devinés.C'est seulement vers le milieu du XViéme siécle au cours du procés des Coquillards en 1455 à Dijon,que fut révélé le code du vocabulaire secret de la Coquille.En échange de l'impunité le jeune Dimanche le Loup,coquillard,vendeur de fausses reliques et faux-monnayeur,dévoila une grande partie du glossaire occulte et le barbier Perrenet le Fournier en compléta l'information au bénéfice du procureur Jean Rabustel chargé de l'enquéte.Villon qui a,pense -t-on,vécu avec les coquillards en avait si bien appris le jargon(Jobelin)qu'il a écrit onze ballades dans ce langage.La consigne du secret y confine à l'hermétisme absolu pour les non initiés.

Jean Claude Bara