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29.10.2008

Les musiciens

Ils trainent leurs violons au-delà des portées
La clarinette au bec,fumant des pastorales
Et la clef sur la table,on les voit s'en aller
Vers des pays là-bas,devant leur vitre sale

Ils dèrangent la flute en y soufflant dessus
Pour mieux voir dans la nuit flaner les violoncelles
Au bras d'une harpiste inquiète et survenue
Juste après qu'un violon l'eut prise en chanterelle

Les ailes du génie à portée de leurs bras
Croyant tout inventer,ils réinventent tout
Debussy à la plume et Schubert dans la voix
Ils s'envolent dans des oiseaux de quatre sous

Sur leur papier tout pale,ils écoutent chanter
Les hasards de la rue et leur pauvre musique
Dans l'ombre de Bayreuth pendant qu'un groupe anglais
Tire inlassablement ses salves électriques

Ils trainent leurs portées au-delà des violons
Ils dérangent la nuit dans le bruit du silence
La téte achalandée de dix mille chansons
Le sourire des larmes au bord d'une cadence

Ils maquillent l'orgueil au bras des vanités
Ils se tirent dessus quand ils n'ont plus de cible
Ils se montrent du doigt du bout de leur archet
Qui pend ses cheveux blancs à leurs cordes sensibles

Les portes du destin s'entrouvrant par hasard
Par une clef de sol devenue pathétique
Le choléra de Tchaikovski sur le boulevard
La rage de Berlioz comme un chien fantastique

Alors dans leur miroir ,ils regardent passer
Les chevaux de Mozart à sa dernière féte
L'oreille de Beethoven en train d'imaginer
Pour la neuvième fois des symphonies muettes

Les musiciens,les musiciens.

Texte de Léo Ferré



10.10.2008

Madame la Misére

Madame la misére écoutez le vacarme
Que font vos gens le dos vouté la langue au pas
Quand ils sont assoiffés il ne soulent de larmes
Quand ils ne pleurent plus il crévent sous le charme
De la nature et des gravats

Ce sont des supplicés au ventre translucide
Qui vont sans foi ni loi comme on le dit parfois
Régler son compte à Monseigneur Ephéméride
Qui a pris leur jeunesse et l'a mise en rides
Quand il ne leur restait que ça

Madame la misére écoutez le tumulte
Qui monte des bas-fonds comme un dernier convoi
Trainant des mots d'amour avalant les insultes
Et prenant par la main leurs colères adultes
Afin de ne les perdre pas

Ce sont des enragés qui dérangent l'histoire
Et qui mettent du sang sur les chiffres parfois
Comme si l'on devait toucher du doigt pour croire
Qu'un peuple heureux rotant tout seul dans sa mangeoire
Vaut bien une téte de roi

Madame la misére écoutez le silence
Qui entoure le lit défait des magistrats
Le code de la peur se rime avec potence
Il suffit de trouver quelques pendus d'avance
Et mon Dieu ça ne manque pas

Léo Ferré

04.10.2008

Ca y est!!!

Ca y est zont votés les ricains,sont mal barrés.
Les banques vont pouvoir continuer à se goinfrer.
Et dans 10 piges ils remettrons le couvert.
Et surtout toi bouge pas une oreille.
Contente toi de ce que l'on te donne, mais surtout n'oublie de voter aux prochaines élections.

03.10.2008

La recession s'installe en France

La recession s'installe en France!!!
Pourquoi l'était pas installer depuis le temps???

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