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24.01.2008

L'étranger

-Qui aimes-tu le mieux,homme énigmatique,dis?ton pére,ta mére,ta soeur ou ton frére?
-Je n'ai ni pére,ni mére,ni soeur,ni frére.
-Tes amis?
-Vous vous servez là d'une parole dont le sens m'est resté jusqu'à ce jour inconnu.
-Ta patrie?
-J'ignore sous quelle lattitude elle est située.
-La beauté?
-Je l'aimerais volontiers,déesse et immortelle.
-L'or?
-Je le hais, comme vous haissez Dieu.
-Eh!qu'aimes-tu donc,extraordinaire étranger?
-J'aime les nuages...les nuages qui passent...là bas...là bas...les merveilleux nuages.

Baudelaire

21.01.2008

La question

Dans cette immense prison surpeuplée,dont chaque cellule abrite une souffrance,parler de soi est comme une indécence.Au rez de chaussée,c'est la" division" des condamnés à mort.Ils sont là quatre-vingts,les chevilles enchainées,qui attendent leur grace ou leur fin.Et c'est à leur rythme que nous vivons tous.Pas un détenu qui ne se retourne le soir sur sa paillasse à l'idée que l'aube peut étre sinistre,qui ne s'endort sans souhaiter de toute sa force qu'il ne se psse rien.Mais c'est pourtant de leur quartier,que montent chaque jour les chants interdits,les chants magnifiques qui jaillissent toujours du coeur des peuples en lutte pour leur liberté.

Henri Alleg : La quetion (Editions de Minuit)
Henri Alleg a été,de 1950 à 1955,directeur d'Alger Républicain.Ce journal,qui était en Algérie,le seul quotidien ouvrant ses colonnes à toutes les tendances de l'opinion démocratique et nationale algérienne,fut interdit en septembre 1955.

19.01.2008

Le soleil

Quand,ainsi qu'un poéte,il descend dans les villes
Il ennoblit le sort des choses les plus vils
Et s'introduit en roi,sans bruit et sans valets
Dans tous les hopitaux et dans tous les palais.

Baudelaire.

Petit

Petit mon dangereux gauchiste
Mon enragé mon anarcho
Qui me trouve trop légaliste
Et pour tout dire un peu coco
Qui trouve nos combats fadasses
Qui voudrait détruire illico
Les injustices dégueulasses
En embauchant le sirocco

Petit mon voyou mon apache
Mon amoureux du fil de l'eau
Je pourrais friser ma moustache
Je pourrais freiner ton galop

Oui mais quand je pense à tes Socrate
A tes cornacs à tes mentors
Y a de quoi me couper les pattes
Y a pas de quoi jouer les cadors
C'est vrai quelle a triste figure
Cette planéte où nous vivons
Ca pue la haine et la torture
La guerre et la bombe à neutrons.

Texte Guy Thomas

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